L’investissement Bitcoin, les conseils d’un expert

L’investissement Bitcoin, les conseils d’un expert

2 novembre 2018 0 Par Julie Martin

La frénésie Bitcoin fait actuellement rage. Koen De Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis, nous fait part de son avis afin d’y voir plus clair, au-delà du tapage médiatique dont cette crypto-monnaie fait l’objet.

Bitcoin et Blockchain, est-ce la même chose ?

L’économiste rappelle que Bitcoin et Blockchain sont à différencier. En effet, Blockchain est la technologie qui supporte Bitcoin, et Koen De Leus la considère « très prometteuse ».

Selon l’économiste, le fait que chaque transaction doit être approuvée par l’ensemble d’un réseau et qu’elle soit irréversible, inspire confiance. Il a pris l’’exemple des entreprises de l’industrie alimentaire ou de l’industrie du diamant qui, grâce à Blockchain, seront en mesure de gérer l’ensemble de leur système d’approvisionnement. Dans le domaine du transport, le Blockchain permettra, selon lui, une diminution importante de la paperasserie inutile et dans le monde bancaire, le système de blocage sera une véritable révolution.

Concernant Bitcoin, Koen De Leus se demande : « A part le fait qu’il s’agisse d’un nouvel outil de spéculation, qu’est-ce qu’il a de si révolutionnaire, en quoi est-il utile pour notre société ? »

Quid de l’assainissement et de la stabilisation du système monétaire ?

A la question « Bitcoin ne pourrait-il pas être une bonne alternative au système monétaire actuel ? », l’économiste de répondre :

“Oui, j’entends ça souvent. Bitcoin pourrait assainir, stabiliser le système monétaire. Elle pourrait marquer la fin du cycle de prospérité/récession du siècle dernier, parce que la quantité de monnaie émise est limitée. Eh bien, si c’était le cas, il est important de se rappeler que dans le passé, c’est exactement cette quantité fixe d’argent qui a déclenché des périodes très douloureuses de déflation. Ben Bernanke, un économiste reconnu qui a repris la Réserve fédérale américaine après Alan Greenspan, a démontré que les systèmes qui appliquent des taux de change fixes, et en particulier des quantités fixes de monnaie dans l’économie et le système bancaire, augmentent en fait la volatilité au lieu de la réduire”.

Et Koen De Leus de poursuivre :

“En fait, cette quantité limitée, il faut l’oublier. D’ici 2030, Bitcoin aura atteint son maximum de 21 millions d’unités. Au fur et à mesure que le réseau se développe, la création d’un nouveau Bitcoin prendra plus de temps. Mais en raison de la lenteur de la validation des transactions, la chaîne de blocs a récemment été scindée. La conséquence en est la création d’une nouvelle variante de Bitcoin. Et même si cela ne s’est produit qu’une seule fois, il ne faut pas oublier toutes les autres crypto-monnaies qui ont été créées depuis. Ils sont déjà au nombre de 1 340. Il n’y a pas de limite au nombre de devises virtuelles qui peuvent être créées. D’ailleurs, je pense qu’il vaut mieux éviter de les appeler « devises ».

Pourquoi les crypto-monnaies ne peuvent-elles pas être qualifiées de devises ?

L’économiste Koen De Leus explique :

“Une monnaie a trois fonctions : elle est à la fois un moyen d’échange, un moyen de calcul et une réserve de valeur. Le Bitcoin et d’autres crypto-monnaies peuvent effectivement être utilisés comme moyen de paiement. Toutefois, à cause des énormes fluctuations, ils ne peuvent servir d’unité de mesure. Quand vous les utilisez pour vos achats, vous courez le risque de payer demain 20% de plus qu’hier. Cette volatilité est un obstacle insurmontable à la création de valeur. “

Pour terminer, l’expert en économie de conclure : « Si vous n’y comprenez toujours rien, c’est normal. C’est précisément le but de ces monnaies virtuelles : offrir une alternative à la ruse ».